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Juan Sebastian del Cano, comme il écrit lui-même son nom dans son testament, à l'occasion de sa tentative de deuxième circumnavigation, est né à Getaria, en pays basque espagnol, de Domingo Sebastián Elcano I et Caterina del Puerto, entre 1486 et 1487. Juan Sebastian avait trois frères : Domingo Elcano II, futur prêtre, Martín Pérez Elcano et Antón Martín Elcano. Comme beaucoup de Basques, à cette époque, il embarque, dès sa première enfance, à la pêche côtière et hauturière. Juan Sebastian Elcano affine son expérience maritime dans le commerce maritime et la contrebande. Au commandement de son propre navire il commerce avec le Levant et les côtes d'Afrique, un peu pirate, un peu corsaire. Juan Sebastian Elcano combat les Français en Italie sous les ordres de Gonzalo Fernández de Córdoba y Aguilar, El Gran Capitan. En 1509, il rejoint l'expédition espagnole en Algérie pour délivrer les Chrétiens captifs en Algérie. Une expédition, organisée à ses frais par le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, qui aboutit à la prise d’Oran, de Bougie et de Tripoli. C'est lors de cette expédition à Oran en 1509 qu’il semble que Juan Sebastian Elcano ait vendu le navire confié par Charles Quint, encore Charles Ier, à des banquiers génois pour se rembourser des dettes que les Finances royales avaient à son égard. Juan Sebastian Elcano a violé la loi castillane en remettant un bateau espagnol armé à des étrangers. Charles Quint ne lui pardonna qu'au retour de sa circumnavigation. A son retour en Espagne, après quelques ennuis avec la justice suite à cette vente de bateau, il s'installe à Séville ; sa Grande Aventure, au service de la couronne espagnole, est déjà en gestation.
A cette époque, toutes les nations européennes s'intéressent aux épices. Elles sont indispensables à souligner le raffinement d'une table européenne, et plus encore depuis l'envolée de leurs prix par la prise de contrôle ottomane de la Méditerranée orientale. Venise et Gênes en font commerce avec Alexandrie et de Constantinople. Henri VII envoie à leur recherche le vénitien Giovanni Caboto, devenu pour eux John Cabot, qui pense y parvenir par le nord de l'Amérique. Il suivra la côte vers le sud, à la recherche d'un passage en se déplaçant de mouillage en mouillage et en s'arrêtant la nuit dans un endroit abrité ; origine du concept de cabotage. Les Catalans les importent depuis Beyrouth ou la Syrie. Les Portugais passent le cap de Bonne-Espérance vers Calicut, Goa et Ormuz, puis Malacca dès 1511, et, enfin, l'Eldorado épicier (au sens étymologique) : les Moluques dès 1512. Lisbonne devint ainsi la capitale européenne des précieuses épices par une route longue, difficile et dangereuse, en deux mots très chère. Certains en viennent à imaginer, après la navigation dans la Mer du Sud de Vasco Núñez de Balboa, que la route serait plus courte par l'Ouest. Fallait-il encore trouver le passage ; des navigateurs, espagnols, portugais ou anglais, le cherchèrent en vain le long des côtes de l'Amérique septentrionale ou centrale. En 1516, Juan Díaz de Solís, chef-pilote de la Casa de Contratación, une administration coloniale espagnole, depuis 1512, descend jusqu'au 35° sud et entre dans la Mar Dulce, la mer d'eau douce, l'estuaire du Río de la Plata, où il trouve la mort. Comme ses contemporains, Magellan pense que les continents sont de gigantesques îles, et que l'Amérique est plus ou moins effilée comme l'Afrique et l'Inde. Comme Bartolomeu Dias avait arrondi l'Afrique en 1487, Magellan veut trouver le passage vers l'autre mer en contournant le Nouveau Monde par le sud. De plus, cette idée s'accordait aux limites de souveraineté fixées à l'Espagne et au Portugal par les bulles papales d'Alexandre VI en 1493 et confirmées par le traité de Tordesillas en 1494.
Fernão de Magalhães, revenu au Portugal, s'était engagé dans l'expédition africaine de Jaime de Braganza d'où il ramène une blessure du Maroc qui le laissera boiteux et une accusation d'irrégularités dans le partage d'un butin. L'accusation est grave et le roi Dom Manuel saisit l'occasion de lui refuser la récompense méritée ; c'est la disgrâce. Des nouvelles de son ami Francisco Serrao, établi aux Moluques, lui en vante les richesses et l'invite à le rejoindre. Magellan ne songe pas à s'y installer mais se persuade que son lointain ami est bel et bien dans la partie espagnole de la planète qu'il est convaincu de pouvoir atteindre par l'ouest. Magellan, plus que jamais fâché avec le roi Dom Manuel, renonce à sa nationalité, et soumet son projet à Charles Ier, il s'ispanise très vite et devient Hernando de Magallanes. Magellan s'installe à Séville avec son compatriote Ruy Faleiro. Ils montent le dossier Découverte des Iles des Epices destiné au roi d'Espagne. C’est à cette époque qu’il rencontre, Diego de Barbosa, Portugais et titulaire d'une charge importante aux Arsenaux du Roi. Diego de Barbosa lui donne sa fille Beatriz et lui présente Juan de Aranda, factor, inspecteur, à la Casa de Contratación, qui lui apporte son aide. Son beau-père obtient une audience royale à Valladolid en janvier 1518. Depuis la Junta de Toro en 1505, la Couronne s'était fixée pour objectif de découvrir la route occidentale qui mènerait les Espagnols jusqu'en Asie ; l'idée est dans l'air du temps. Les capitulaciones, contrats, sont signés et lient Charles Ier avec Fernand de Magellan et Ruy Faleiro. Le 22 mars 1518, Charles Ier nomme Magellan et Faleiro capitaines pour que ces derniers partent à la recherche des îles aux Epices. En juillet, il les élève au grade de Commandeur de l'Ordre de Santiago. Le roi leur octroie : le monopole sur la route découverte pour une durée de dix ans ; la fonction de gouverneurs des terres et des îles qu'ils rencontreraient, avec 5 % des gains nets qui en découleraient ; un vingtième des gains du voyage ; le droit de prélever mille ducats sur les prochains voyages, payant seulement 5% sur les surplus ; la concession d'une île, mises à part les six plus riches, desquelles ils ne recevront qu'un quinzième. L'expédition est essentiellement financée par la Couronne et pourvue de cinq navires armés et avitaillés pour deux ans de voyage. D'août 1518 au 31 mars 1520 Du 1 avril 1520 au 4 février 1521 |
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Juan Sebastian Elcano
Fernand de Magellan
Séville au XVIe siècle |
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