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En 1720, au coeur de la deuxième moitié de ce qu'il est convenu d'appeler l'âge d’or des pirates des Caraïbes, un nouvel arrivant dans le monde de la piraterie, resté dans l'histoire sous le nom de Bartholomew Roberts, peut-être John Roberts dit Le Baronet Noir, édicte son célèbre code des pirates. Ce code en onze points, cette chasse-partie est sans le moindre doute l'un des principaux ferments de l'image romantique de la piraterie, au tournant du XVIIème et XVIIIème siècles, qui berce encore aujourd'hui nos fantasmes maritimes. La chasse-partie de Bartholomew Roberts fixe des principes d'égalité, de prévoyance et d'honneur qui n'ont de loin pas cours dans les marines marchandes et les marines de guerre officielles. Elle nous laisse une trace historique de l'une des principales raisons du rêve de bien des marins de cette époque, enrôlés plus ou moins de force, rarement correctement traîtés, d'être arraisonnés par un bateau pirate et d'avoir ainsi une chance de les rejoindre.
I.
Chaque pirate pourra donner sa voix dans les affaires d'importance et aura un pouvoir de se servir quand il voudra des provisions et des liqueurs fortes nouvellement prises, à moins que la disette n'oblige le public d'en disposer autrement, la décision étant prise par vote. II. Les pirates iront tour à tour, suivant la liste qui en sera faite, à bord des prises et recevront pour récompense, outre leur portion ordinaire de butin : une chemise de toile. Mais, s'ils cherchent à dérober à la compagnie de l'argenterie, des bijoux ou de l'argent d'une valeur d'un dollar, ils seront abandonnés sur une île déserte. Si un homme en vole un autre, on lui coupera le nez et les oreilles et on le déposera à terre en quelque endroit inhabité et désert. III. Il est interdit de jouer de l'argent aux dés ou aux cartes.
IV.
Les lumières et les chandelles doivent être éteintes à huit heures du soir.
Ceux qui veulent boire, passé cette heure, doivent rester sur le pont sans lumière. V. Les hommes doivent avoir leur fusil, leur sabre et leurs pistolets toujours propres et en état de fonction. VI. La présence de jeunes garçons ou de femmes est interdite. Celui que l'on trouvera en train de séduire une personne de l'autre sexe et de la faire naviguer déguisée sera puni de mort.
VII.
Quiconque déserterait le navire ou son poste d'équipage pendant un combat serait puni de mort ou abandonné sur une île déserte.
VIII.
Personne ne doit frapper quelqu'un d'autre à bord du navire ; les querelles seront vidées à terre de la manière qui suit, à l'épée ou au pistolet.
Les hommes étant préalablement placés dos à dos feront volte-face au commandement du quartier-maître et feront feu aussitôt.
Si l'un d'eux ne tire pas, le quartier-maître fera tomber son arme.
Si tous deux manquent leur cible, ils prendront leur sabre et celui qui fait couler le sang le premier sera déclaré vainqueur.
IX.
Nul ne parlera de changer de vie avant que la part de chacun ait atteint 1000 livres.
Celui qui devient infirme ou perd un membre en service recevra 800 pièces de huit sur la caisse commune et, en cas de blessure moins grave, touchera une somme proportionnelle.
X.
Le capitaine et le quartier-maître recevront chacun deux parts de butin, le canonnier et le maître d'équipage, une part et demie, les autres officiers une part et un quart, les flibustiers une part chacun.
XI.
Les musiciens auront le droit de se reposer le jour du sabbat.
Les autres jours de repos ne leur seront accordés que par faveur.
Bartholomew Roberts a laissé l'histoire d'une carrière de pirate des plus accomplies et réussies à une époque où la concurrence dans le domaine était rude. Le personnage même de Bartholomew Roberts reste lui nimbé du plus profond mystère. Bartholomew Roberts, toujours bien habillé, avait d’excellentes manières et ne buvait pas d’alcool. Bartholomew Roberts aimait la musique et un orchestre servait sur son navire. Toujours rasé de près, il écrivait d'une très belle écriture qu'il ne violait uniquement les filles de plus de 15 ans, par exemple (on est dans le monde de la piraterie au début du XVIIIème !...). Certains prétendent que Bartholomew Roberts pourrait avoir été une femme, et même Anne Bonny. Les détracteurs de cette théorie ne manquent pas de souligner qu'Anne Bonny aurait été jugée le 16 novembre 1720 et que le Princess aurait été capturé par Howel Davis en février 1720. A quand un Echo du Basset pour souligner que le Second du Princess se prénomait John et que si John, dont on sait pratiquement rien, est devenu le pour le moins particulier Bartholomew, c'est peut-être bien qu'Anne, complètement disparue en 1720, est passée par là ? |
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