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Changer le nom d'un bateau, sans s'attirer les foudres de Neptune, nécessite quelques précautions. Rebaptiser un bateau sans avoir suivi tout un protocole et pris soin de tuer son macoui est fermement déconseillé. Un bateau rebaptisé à la légère est condamné à accumuler une foule d'ennuis à l'image, par exemple, d'un paquebot plus jamais appelé France dès 1979 et qui agonisera lamentablement deux ans au chantier d'Alang. Il faut faire disparaitre absolument toutes traces de l'ancien nom. On doit, bien entendu, prendre soin d'extraire jusqu'au dernier pigment de la peinture délavée de l'ancien nom du tableau arrière. Mais le plus difficile est sans doute de ne pas oublier de détruire la moindre trace, la moindre mention du nom. Toutes traces implique la destruction de la moindre facture, vieux journaux de bord, cartes marines et autres écrits où figure le nom désormais maudit. Adieux les gilets marqués au feutre indélébile, les T-shirts, vestes et autres vêtements artistiquement brodé ou autres objets marqués, gravés, sérigraphiés, ...
Suite à son premier baptême un bateau a un macoui. Chaque bateau ne doit avoir qu'un seul macoui. Il faut tuer le macoui du premier baptême avant de rebaptiser le bateau qui se trouverait autrement pris dans les bagarres de suprématie que ne manqueront pas de se livrer ses deux macouis. Vous courrez aussi le risque que les Dieux, voulant bien faire et détruire définitivement le bateau disparu, suppriment le nouveau suite à une malheureuse erreur de lecture. Pour tuer le macoui vous devez sortir au large seul, ou avec un autre bateau ami. Les cales doivent être largement approvisionnées en liquide noble, soit salé, soit pétillant. La marraine doit être à bord. Certains prétendent qu'il faut culer, sous voile plutôt qu’au moteur, et faire une libation à l’ancien nom, pour ensuite refaire route et une libation au nouveau nom. La large majorité est convaincue qu'il faut montrer aux divinités de la mer que l’histoire du bateau se coupe et entame une nouvelle séquence. Pour ce faire il faut recouper son sillage, ou le faire couper, au plus près du tableau arrière, par le bateau ami, entre une et sept fois selon les sources (trois dominant le débat). Passons à l'action : il est temps de boire quelques bonnes rasades. Il faut aussi saouler le macoui en versant de votre breuvage favori à l'arrière du bateau à débaptiser. Le bateau ami peut alors s'engager à couper votre sillage, entre une et sept fois, au plus près du tableau arrière. Les amis voulant toujours trop bien faire, il peut être prudent de pouvoir arborer des tatouages sur les bras afin de les dissuader de passer trop près. L'anneau d'or à l'oreille (préserve de la noyade) et les vertus protectrices de la peau d'un bouc en haut du mât, devraient aussi limiter les risques de cette exercice. Vous devez tirer un coup de feu à chaque croisement de sillage. Certains prétendent que les coups de feu peuvent être à blanc mais dans ce cas si le macoui meurt ce ne pourra être que de rire. Il est généralement admis que le macoui est mort après trois coups au but. Il est temps d’immerger ou de brûler l'ancien nom du bateau écrit sur un parchemin, d'embrasser la marraine et de déboucher une nouvelle bouteille. Sacrifier une vierge est toujours une option, mais certains se contentent d’une chèvre ou, éventuellement, d’un chien avec un chapeau. Personnellement, j'avais opté pour une jeune vierge (Mus musculus !)
L'ancien macoui est mort, il ne reste plus qu'à rebaptiser le bateau et à arroser dignement le nouveau macoui sans oublier de remercier Neptune, du côté tribord, en lui versant une large rasade. Après une invocation aux divinités de la mer, les paroles suivantes doivent être décriées : Au nom de tous ceux qui ont navigué sur ce bateau dans le passé, et pour tous ceux qui monteront à bord désormais, nous invoquons les Dieux anciens des vents et des mers. Puissant Neptune, roi de tout ce qui est sur et sous les flots, puissant Eole, gardien des vents et de tout ce qu’ils meuvent, nous rendons grâces d’avoir permis à ce navire d’arriver jusqu’à nous sain et sauf, de lui avoir accordé refuge des tempêtes, bons vents et belles mers. Neptune, Eole, Amphitrite, Naïades et Néréides, ce jour, nous implorons humblement que le nom ancien nom soit rayé et ôté des grands registres, afin que ce navire puisse vous être présenté sous un nom nouveau nouveau nom, soit reconnu et reçoive les mêmes privilèges et protections que dans son existence passée. Il est alors temps que la marraine rebaptise le bateau avant une dédicace. Il ne reste plus qu'au propriétaire à inviter l'assistance à boire le verre de l'amitié et à faire pitance. Baptême : baptiser un bateau |
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Blue Lady, lancé France, au chantier d'Alang
L'ancien nom du bateau doit disparaître
Deux voiliers en route vers le large
Le sillage est coupé au plus près de la poupe |
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